Football professionnel béninois : le nouveau cadre contre les pratiques occultes
Le football professionnel béninois s’engage dans une phase de normalisation renforcée. Le 10 janvier 2026, le Comité Transitoire de Gestion de la Ligue de Football Professionnel du Bénin a officialisé un dispositif réglementaire inédit visant à mettre fin aux pratiques occultes dans et autour des stades. Cette démarche s’appuie sur une circulaire, un guide pratique et une fiche opérationnelle à destination des officiels de match.
L’ambition est clairement affichée : protéger l’éthique sportive, renforcer la sécurité et consolider la crédibilité des compétitions nationales.
Un cadre juridique clarifié pour une application homogène
La circulaire n°2026/001 vient préciser l’article 40.2 du règlement du championnat professionnel, longtemps jugé trop vague pour être appliqué de manière uniforme. Désormais, le football professionnel béninois dispose d’une définition explicite des comportements prohibés, afin d’éviter les interprétations divergentes qui ont pu, par le passé, alimenter tensions, incidents et dégradations.
Sont notamment interdits :
- l’aspersion de liquides ou de substances assimilées sur la pelouse ou dans les buts ;
- l’introduction, la dissimulation ou l’enfouissement d’objets à caractère rituel (poudres, gris-gris, cadenas, écrits symboliques) ;
- l’utilisation de bougies, d’encens ou d’éléments biologiques ;
- les actes collectifs à visée provocatrice ou intimidante ;
- la présence de personnes non autorisées dans les zones techniques ;
- le lancement volontaire d’un match en sous-effectif pour des raisons non sportives.
À l’inverse, le texte réaffirme le respect de la liberté de conscience. Les expressions individuelles, discrètes et non ostentatoires de foi, ainsi que les regroupements sobres et brefs de concentration d’équipe, demeurent autorisés dès lors qu’ils ne perturbent pas le protocole officiel.
Commissaires et arbitres au cœur du dispositif de contrôle
Pour garantir une application rigoureuse sur l’ensemble des terrains, le CTG-LFPB a doté les commissaires de match et les arbitres d’une fiche opérationnelle détaillée. Cet outil identifie les zones de vigilance — terrain, vestiaires, tunnels et abords immédiats du stade — et propose une check-list d’observations à effectuer avant, pendant et après les rencontres.
Le rôle des officiels est strictement balisé : constater les faits de manière neutre, factuelle et chronologique, sans interprétation ni qualification juridique. Les rapports doivent préciser :
- les lieux concernés,
- les personnes impliquées,
- la nature des actes ou objets observés,
- les mesures prises sur place.
Lorsque cela est possible, des éléments matériels (photos, vidéos, témoignages) peuvent appuyer les signalements afin d’en renforcer la crédibilité.
Sanctions et prévention : une pédagogie assumée
Un guide pratique opposant clairement les comportements autorisés et interdits complète le dispositif. L’objectif est d’éviter les infractions par méconnaissance et d’installer une culture de conformité dans le football professionnel béninois.
En cas de manquement, les clubs s’exposent à une amende forfaitaire de 100 000 FCFA par infraction, doublée en cas de récidive. Les situations aggravées sont transmises aux commissions disciplinaires compétentes pour suite à donner.
À travers ce triptyque réglementaire, le CTG-LFPB envoie un signal fort : la performance sportive doit primer sur toute autre considération. Cette réforme marque une étape structurante pour un football professionnel béninois plus sain, équitable et respectueux des règles du jeu.
La réussite de ce cadre dépendra désormais de son application constante et de l’adhésion de l’ensemble des acteurs.



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