JOJ Dakar 2026 : le CNOS BEN prépare les jeunes athlètes retenus aux pièges du haut niveau

À quelques semaines des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, le CNOS Bénin a sensibilisé les sept jeunes athlètes de la délégation béninoise et leur entourage aux enjeux d’intégrité, de dopage, de manipulation des compétitions et de protection des sportifs.
Un bon résultat ne suffit pas. Pour les jeunes athlètes béninois qui s’apprêtent à découvrir les Jeux Olympiques de la Jeunesse, il faudra aussi savoir dire non, reconnaître les risques et connaître ses droits. C’est le message porté par le Comité national olympique et sportif béninois (CNOS Bénin), samedi 3 octobre 2026, au stade Général Mathieu Kérékou. Réunis avec leurs parents, leurs entraîneurs et plusieurs acteurs du mouvement sportif, les futurs représentants du Bénin aux JOJ Dakar 2026 ont participé à un atelier consacré à l’intégrité dans le sport. Une rencontre destinée à les préparer aux réalités qui dépassent le simple cadre de la compétition.
Les dangers qui entourent la compétition
Ouverture des échanges par Julien Minanvoa, président du CNOS Bénin, puis intervention d’Evangelos Alexandrakis, représentant du Comité international olympique (CIO), sur la manipulation des compétitions sportives. En visioconférence, l’expert a notamment insisté sur les paris sportifs. Les jeunes athlètes ont été alertés sur les risques liés à leur participation et sur les sanctions auxquelles ils s’exposent. Ils ont également été invités à signaler toute tentative de manipulation : proposition de perdre volontairement, de favoriser un adversaire ou d’influencer le résultat d’une rencontre. L’objectif est de donner aux sportifs les bons réflexes avant même qu’ils ne soient confrontés à ces situations.
Protéger le sportif, sur le terrain comme en dehors
Le secrétaire général du CNOS Bénin, Fernando Hessou, a ensuite abordé la protection des athlètes. Harcèlement, abus psychologiques, violences physiques ou sexuelles et négligence ont été présentés comme autant de comportements incompatibles avec un environnement sportif sûr.
Les jeunes ont été sensibilisés à leurs droits et aux moyens de signaler les situations d’abus. Le dispositif Mentally Fit / Helpline, service d’accompagnement psychologique confidentiel disponible dans plus de 70 langues, leur a également été présenté. Le message ne concernait pas uniquement les athlètes. Parents et entraîneurs ont été associés à la réflexion sur les conditions nécessaires au développement sain et équilibré d’un jeune sportif.
Le dopage, un risque pour la carrière
Autre volet important : la lutte contre le dopage. L’expert Oreol Allognikou a rappelé aux athlètes les précautions à prendre concernant les produits et substances consommés, ainsi que leur obligation de répondre aux contrôles antidopage lorsqu’ils sont désignés.Les sanctions prévues par le Code mondial antidopage et leurs conséquences sur la carrière ont également été expliquées.
Pour Evrard Anayan, expert de World Athletics et directeur technique national de la Fédération béninoise d’athlétisme, cette sensibilisation arrive à point nommé. « Nous pensons que c’est un enseignement que les enfants ont reçu, pas seulement pour le sport, mais pour leur vie », estime-t-il. Selon lui, respecter les règles, éviter les produits nocifs et faire preuve d’intégrité constituent aussi des apprentissages utiles pour leur future vie sociale.
Sept athlètes, cinq disciplines
L’atelier a aussi permis de présenter officiellement les sept athlètes qui représenteront le Bénin aux JOJ Dakar 2026, ainsi que les membres de la délégation. Gloria Koussihouédé, chef de projet au CNOS Bénin et responsable administrative de la sélection, a expliqué que la participation béninoise repose sur des quotas attribués au Comité national olympique. Cinq disciplines sont concernées : l’athlétisme, l’escrime, la natation, le wushu et le tennis de table. Elle rappelle que le CNOS Bénin travaille depuis le début de l’année à l’accompagnement des jeunes et prévoit également une séance d’affûtage au cours du mois d’octobre.
Les entraîneurs aussi concernés
Achille Aïhou a, pour sa part, rappelé aux entraîneurs leur responsabilité dans la protection des jeunes athlètes. Le rôle du coach ne se limite plus à la préparation technique : il implique aussi une vigilance sur les comportements, la santé et l’environnement du sportif. John Christ Noël Komenan, entraîneur de l’athlète béninoise engagée en escrime, l’illustre concrètement. Il entend désormais jouer également un rôle d’éducateur, notamment dans le suivi sanitaire et les compléments alimentaires de sa protégée.
« Je vais aider les parents à le suivre, dès l’instant, jusqu’au jour de la compétition », explique-t-il, avec un objectif clair : éviter toute situation susceptible de conduire à une violation des règles antidopage. La journée s’est achevée par la signature des engagements des athlètes et de la Charte de l’entourage et des familles par les parents et proches.
Au-delà des signatures, l’essentiel à retenir de cet atelier est peut-être là : préparer un jeune athlète aux JOJ, ce n’est pas seulement l’entraîner à gagner. C’est aussi lui apprendre à se protéger, à respecter les règles et à savoir demander de l’aide. C’est avec ces réflexes que les sept représentants du Bénin prendront bientôt le chemin de Dakar.
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